journée d’étude
L’activisme dans les collections
Institut national d’histoire de l’art (INHA)
2 mars 2024
Depuis août 2022, les collections des musées d’art sont la cible des activistes écologistes de The Last Generation. En aspergeant des œuvres d’art iconiques de différentes substances visqueuses, cette mobilisation suscite de vives réactions dans le débat public sur la légitimité de ces interventions et amène à interroger la responsabilité des musées face à la crise climatique. Or, depuis au moins le début du 20e siècle avec les attaques des suffragettes contre des musées pour revendiquer le droit de vote des femmes et l’égalité, les collections muséales sont historiquement le théâtre d’actions militantes qui méritent d’être étudiées au-delà de leur efficacité communicationnelle. Alors que les collections se présentent comme gardiennes d’un patrimoine, dans le respect des conventions et des normes de conservation, voire de protection, l’activisme représente au contraire une attitude politique visant une action directe et radicale dont le but est de perturber et de créer une réaction immédiate.
Au-delà des cas de pur vandalisme, d’iconoclasme ou d’interventions artistiques qui ponctuent l’histoire de l’art et des musées, plusieurs « acteurs » sont aujourd’hui mobilisés : les activistes, les musées, les curateurs, les conservateurs, ainsi que les artistes et les collectifs d’artistes. Partant de ce constat, cette journée d’étude cherche à comprendre, à documenter et à analyser l’activisme dans les collections et, plus largement, les actions politiques qui ont pris pour cible l’art et ses institutions culturelles.
Pourquoi l’activisme s’en prend-il aux œuvres d’art et aux musées ? À quoi s’attaque-t-il ? Quelle est sa cible ? Est-ce la conformité des collections ? L’implication des musées dans des intérêts économiques ? Le financement des collections et des expositions ? Ces attaques ne sont-elles pas qu’un prétexte à d’autres causes sociales ou politiques ? Comment l’activisme peut-il agir sur le musée ou inversement comment le musée peut-il devenir un « acteur » de changement et participer à des causes politiques et sociales ? Qu’en est-il lorsque ce sont les musées ou les organismes culturels qui programment ou commandent des interventions activistes ? La revue Marges a invité les chercheurs, chercheuses, professionnel.le.s de musées, curatrices ou curateurs, critiques et artistes à réfléchir à cette association entre activisme, œuvres d’art, collections et institutions culturelles et à étudier des cas historiques et actuels permettant de l’aborder selon différentes perspectives.
Avec la participation des membres de l’Équipe :
Marie Fraser, professeure à l’Université du Québec à Montréal, pour l’introduction au colloque.
Geneviève Chevalier, professeure à l’Université Laval et artiste, pour son intervention Faire du musée et de ses collections les objets d’une pratique artistique activiste.
La participation de Geneviève Chevalier et Marie Fraser à cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre des activités du du Partenariat Des nouveaux usages des collections dans les musées d’art du Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO, financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH). Les chercheuses bénéficient également du soutien de l’Équipe Art et musée, financée par le Fonds de recherche du Québec — Société et culture (FRQSC), et du projet de recherche Muséologie d’enquête, financé par le CRSH.
Lien vers le programme de la journée d’étude : Cliquez ici.
